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RESIDENCE LIBRE – APPEL A CANDIDATURE


➡️ Durée de la résidence : 3 mois renouvelables une fois.


➡️ Lieu de la résidence :

Fort de Saint Just, Place de l’Abbé Larue, 69005 Lyon. L’atelier Volume est assez grand pour accueillir jusqu’à deux artistes indépendants ou un collectif réunissant plusieurs artistes.


➡️ Modalités de candidature :

L’appel à candidature est ouvert à tous les artistes sans limite d’age et s’inscrivant dans toutes les disciplines artistiques relevant du domaine des arts visuels au sens large. L’atelier étant propice au travail du volume nous privilégierons ce type de pratique.
Il est indispensable que les personnes candidatant perçoivent cette résidence dans sa composante collective, axée sur le partage, le vivre ensemble, et le créer ensemble.


🛎️ Limite de dépôt du dossier de candidature : 26 février 2022🛎️


📄 Toutes les informations concernant l’appel à résidence sont à retrouver sur le dossier téléchargeable ici !


📧 Les dossiers de candidature sont à faire parvenir à l’adresse mail suivante : residence@asso-gamut.com👩🏼‍🎨👨🏻‍🎨 avant le 26 février.

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PORTRAIT D’ARTISTE : PHILIPPINE DE JOUSSINEAU

Après des études de commerce, puis un premier emploi dans la même branche, Philippine de Joussineau décide de changer de vie en 2018 et se lance alors dans la photographie. C’est à la même époque qu’elle choisit de quitter Paris pour revenir à Lyon. La photographie représente pour elle la possibilité de parler de l’étendue des sujets qui lui portent à cœur. Elle lui permet d’aborder de nombreuses questions, et de rencontrer des vies différentes. Depuis, ses sujets se sont précisés et certains sont devenus plus récurrents. On retrouve parmi ses thématiques de prédilections :  les recherches sur le vivant en tant qu’écosystème, les médecines alternatives, et la spiritualité. 

 Progressivement, sa production prend un élan spirituel, elle se tourne vers des sujets peu explorés, de l’ordre de l’extraordinaire et des croyances (afin de questionner le réel). Consciente que « l’on vit dans un monde où les gens ne croient qu’en ce qui est prouvé », elle s’inspire de recherches scientifiques postmatérialistes en biologie et psyché, ainsi que de témoignages de gens qui vivent et voient la vie autrement. Les états modifiés de conscience, ou encore les effets de la conscience sur le corps et son environnement sont des sujets qui la passionnent. Ce qui l’intéresse c’est le monde subtil et invisible.

La nature est aussi une source d’inspiration cruciale dans son travail. Elle l’envisage d’abord comme un espace dont elle fait partie intégrante, qui la ramène à ses origines et a des effets bénéfiques sur la santé. Mais la nature c’est aussi l’esprit, c’est une ressource qui lui évoque la vie dans son ensemble et qu’elle expérimente comme une séance de méditation. Le yoga a pris beaucoup de place dans sa vie depuis environ trois ans. Déjà initiée à cette pratique depuis un moment, elle s’est alors ouverte à une pratique plus spirituelle. Elle a à cœur d’intégrer dans ses photographies ces thématiques qui l’entraînent vers un tout autre univers. Persuadée que nous faisons partie d’un grand  ensemble et que nous ne connaissons pas assez l’ampleur de notre pouvoir intérieur, Philippine cherche aussi à évoquer cette idée à travers ses photographies.

Du côté pratique, Philippine tend vers des techniques qui lui permettent de questionner la réalité. Dans cette optique, elle s’intéresse notamment à des techniques de tirage alternatives telles que le cyanotype et l’anthotype. Elle réfléchit actuellement à  « aller au-delà de la photographie en tant que telle et à l’inscrire à travers des supports différents, par exemple en partant d’une image pour l’emmener vers un projet d’une autre forme.

Corps et âmes : Alors qu’elle réalisait des tests avec des papiers de fleuristes colorés et des lampes de chevet, certains papiers se sont décrochés et les couleurs mélangées. Finalement ce début inattendu évoque aussi sa manière instinctive de produire. « J’aime bien ne pas trop réfléchir en photo, je réfléchis après. » 

Avec cette série, elle exprime l’interconnexion profonde entre esprit et matière. Elle souhaite transmettre une réalité quantique de la conscience dans laquelle notre esprit peut agir au-delà des limites de notre corps. Malgré les paradigmes de la science matérialiste, elle découvre à travers ses recherches que certaines personnes peuvent guérir grâce à l’esprit et aux énergies. Guérir le corps, l’esprit, mais aussi pour aller plus loin, guérir l’environnement. Elle traduit donc ces découvertes dans cette série. Des corps nus jouent avec le spectre de la lumière. Les mouvements intuitifs des silhouettes viennent alors modifier la matière pour évoquer le pouvoir que nous avons en nous. Les couleurs et nuances évoquent les émotions et leurs impacts.

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Le mot de la fin : « Je tente tant bien que mal de mener mon existence à travers le prisme de l’amour et de la gratitude, sans  jugement, dans l’ouverture d’esprit. Je cherche et photographie avec le cœur, car pour moi c’est ce qu’il y a de plus important. » Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. (Paul Elluard)


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www.philippinedejoussineau.com

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PORTRAIT D’ARTISTE: ANKE WOOL

Pour ce deuxième portrait d’artiste des résidents de Gamut nous avons discuté avec Anke Wool, la céramiste du Fort. Avant de commencer celle-ci nous met en garde … « Ça m’amuse de raconter n’importe quoi. Quand on me demande une biographie je choisis souvent d’inventer, mais cette fois je vais essayer de faire un effort. »


Anke Wool est née à Saint-Thégonnec, d’une mère lavandière et d’un père charpentier. Elle a grandi à la campagne et a été incarcéré au centre pénitentiaire de Corbas. Elle fait des études de cinéma au cours
desquelles elle travaille notamment sur la maison et les espaces domestiques en général.


Au Fort Anke Wool pratique essentiellement la céramique. Cet été, elle a installé son four et son tour dans un des ateliers, son premier atelier depuis sa sortie de formation. En effet, après ses études de cinéma elle a d’abord pratiqué la poterie comme un loisir puis elle a effectué une formation d’un an. Dans son atelier elle profite de l’espace et de l’environnement créatif qui l’entoure pour développer ses recherches autour des formes et des émaux. Sa pratique peut croiser celle des autres et naissent ainsi des projets décalés, comme l’expérimentation de cailloux cuits et émaillés. Elle profite aussi du temps qu’elle a au Fort pour continuer son apprentissage du tournage qu’elle compare à celui d’un instrument de musique. C’est un apprentissage progressif qui nécessite de prendre le temps de la mémoire du corps et qui implique des périodes où l’on semble stagner voire régresser. En parallèle elle passe du temps à fabriquer elle-même ses émaux, et aimerait un jour fabriquer aussi sa propre terre. Elle recherche ainsi des textures et couleurs bien précises qu’elle ne peut atteindre que manuellement à
travers de nombreux essais et mélanges.


Concernant les émaux, ce sont souvent des recettes traditionnelles asiatiques qui l’inspirent. Ainsi elle fait des dizaines de tests à partir de recettes traditionnelles trouvées sur internet qu’elle adapte ensuite. A
ces inspirations s’ajoutent quelques contraintes venues de matériaux qu’elle ne veut pas utiliser pour des raisons éthiques, comme le cobalt par exemple. En général, elle préfère choisir des matériaux plus communs et non toxiques comme le fer. Elle utilise souvent une même gamme de couleur pour ses collections et créé des variations à partir de la superposition de ces couleurs. C’est en expérimentant à
partir de la superposition d’un émail kaki et d’un émail bleu de fer qu’elle a trouvé un mélange lui permettant de réaliser un gris-vert (Lichen) qu’elle utilise dans sa dernière collection.

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Son intérêt pour la céramique lui est d’abord venu de son rapport aux objets anciens et aux nombreuses céramiques d’Asie qui appartenaient à sa famille. Ces objets l’ont marqué aussi bien pour leur esthétique que pour leurs usages. Elle rejoint ainsi les réflexions autour de l’espace domestique et de l’habitat qu’elle avait engagé en regardant du côté du cinéma. En dehors de sa pratique de la céramique au Fort, elle écrit généralement des histoires stupides et des poèmes cryptés et fait un peu de linogravure. Il lui importe d’utiliser différents médiums dans sa pratique artistique. Le fil rouge de l’habitation (thé, repas, sommeil, bain…) revient toutefois dans toutes des créations comme une thématique sous-jacente commune qui les lient entre elles.

L’histoire de la céramique chinoise, japonaise et coréenne a beaucoup inspiré ses productions. Des rapts de potiers coréens, aux noms chinois employés dans la cérémonie du thé japonaise, Anke Wool s’intéresse aux pratiques et aux échanges culturelles en Asie. Elle souligne aussi la place que prend l’esthétique en Asie et la diversité des concepts utilisés pour dire le beau : la patine du temps, l’élégance, la beauté mystérieuse… Elle réalise essentiellement de la céramique utilitaire, toujours dans l’idée de réfléchir à cette thématique de l’habitat, mais c’est aussi l’occasion pour elle de réaliser des céramiques en série, avec l’idée que les objets peuvent ainsi avoir des petits frères et petites sœurs.


Le cinéma l’inspire aussi beaucoup. Durant ses études, elle a beaucoup étudié la maison dans le cinéma de Andrei Tarkovski. Il fait des gros plans sur les objets et notamment la céramique. Il sonde par le biais
de longs travellings les intérieurs. Le cinéma lui inspire aussi certaines couleurs. Le tenmoku (noir avec des gouttes d’huile brunes) et un émail kaki (rouge kaki) issus de recettes traditionnels asiatique lui viennent par exemple du cinéma de Jia Zhangke, un cinéaste qui travaille dans la région du Shanxi.

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Le mot de la fin ? « Malgré le fait qu’elle soit plutôt à la mode, la production de céramique a un coût important et est peu rentable. On dit que l’on devient un bon tourneur au bout de 10 ans…Mais c’est aussi un artisanat si riche qu’il faut au moins toute une vie pour le maîtriser. Il n’est pas simple de débuter car il y a beaucoup de ratés et de temporalités à maîtriser (c’est une pratique de la lenteur !) et surtout les espaces accessibles financièrement pour installer son atelier sont beaucoup trop rares…Il existe peu d’initiative comme celle de Gamut et c’est bien dommage car si tu souhaites vraiment développer cet artisanat, tu ne peux pas la réduire à un hobby et tu es obligé de t’installer dans un lieu adapté. »

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ankewool.com

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PORTRAIT D’ARTISTE : GASPARD MARIOTTE

Après une formation à EcohlCité, en tant que muraliste plasticien et plusieurs peintures murales dont certaines avec l’entreprise CitéCréation, Gaspard Mariotte rejoint le Fort pour une résidence tournée autour d’un projet de fresque pour le city stade du centre social de La Sarra. C’est donc à travers la fresque – sa technique de prédilection – que Gaspard démarre sa résidence artistique au Fort. C’est une pratique qu’il utilise régulièrement au cours de projets publics ou privés dans des espaces variés (logements privés, espaces urbains…). Il a notamment réalisé une fresque dans le centre commercial de la Part Dieu, passage Serviant niveau 0, une autre rue Dumont d’Urville avec Cest-etrange et plus récemment une fresque influencée par le Maroc au Fort Superposition. Ce sont des projets durant lesquels il répond aux demandes de ses commanditaires tout en profitant de la liberté que lui offre le support mural. Selon lui, cet équilibre entre contraintes et libertés lui permet de sans-cesse se renouveler et d’explorer de nouvelles orientations.

Ayant grandi dans le 5ème arrondissement, la résidence constitue pour lui un espace où s’installer dans lequel il s’acclimate très rapidement. Pour La Sarra, c’est une commande particulière puisque c’est un quartier qu’il connait très bien et c’est aussi un projet en collaboration avec le Centre Social de Saint-Just qu’il a fréquenté étant plus jeune. C’est en discutant et à travers des ateliers avec les enfants qu’il établit le motif de la future fresque. Il liste ainsi différents éléments que les enfants lui suggèrent avant de les répartir par catégories : décors, personnages, objets… Il se lance ensuite dans la maquette puis dans la fresque finale qu’il réalise sur panneaux.

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A quelques semaines de sa sortie de résidence il nous présente aussi une série récente de peintures issues de son voyage au Maroc. Pour cette série issue d’un voyage de deux semaines en septembre 2019 il s’est inspiré de clichés pris avec son téléphone et de croquis. Il nous explique que sur place il a photographié de manière assez spontanée les architectures, les ruelles ou encore les personnes qu’il a croisées. Il capture ces images non pas dans le but de les utiliser telles quelles dans ses peintures mais plutôt pour retrouver la spontanéité des moments vécus. Il capte ainsi des expressions, des instants ou des lumières qui a son retour lui serviront de modèles pour ses toiles. Au moment de passer à la peinture deux utilisations de ces images se distinguent. Il peut les utiliser comme répertoire de motifs, comme lors de sa dernière fresque sur le Maroc au Fort Superposition où les personnages, couleurs et motifs issus de son voyage viennent nourrir sa composition. Il peut aussi, c’est plus souvent le cas pour ses toiles, les utiliser en reproduisant le cadrage et la composition de l’image tout en y ajoutant son style pictural. Par ce biais, il se permet un décalage entre son sujet et la toile, un pas de côté vis-à-vis du réel qui lui permet de prendre le recul nécessaire pour faire de ces instants fugaces des images reflétant son style personnel. Chaque toile est ainsi empreinte d’une atmosphère calme et réfléchie bien que construite autour de l’instant bref d’un cliché.

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En parallèle de la peinture, il profite du temps que lui offre la résidence pour développer différents graphismes pour les tee-shirt et sweat-shirt de son collectif 6.9.5. Ce collectif qu’il créé en 2017 avec deux amis, David Fofana et Jules Chignac, est non seulement ancré dans le 5ème arrondissement mais il en tire aussi ses inspirations. Si les motifs existants s’inspirent donc de leurs vies dans le 5ème, ils prévoient d’élargir le répertoire formel des séries futures aux inspirations issues de leurs voyages.

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Projet(s) pour la suite ? « Trouver un lieu pour exposer ma série au Maroc ! »

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gaspardmariotte.com